À 8 h 30, le responsable de la coordination transversale du bateau fictif ouvre son ordinateur. Il n’a toujours pas reçu de définition de sa mission, mais son agenda est plein. C’est déjà un signal de leadership.
Matinée d’alignement
À neuf heures : réunion de cadrage. À dix heures : point d’étape. À onze heures : préparation du compte rendu du point d’étape. Un collègue demande qui doit valider une décision simple. La question circule entre six services avant de revenir à son expéditeur, désormais accompagnée de onze personnes en copie.
L’après-midi du renvoi
Le projet change de nom trois fois. Sa date de fin devient un horizon cible. Le responsable crée un fichier « PLAN_FINAL_V9_DEF » et déclare que le chantier est maîtrisé. Aucune action n’a encore été effectuée, mais tous les tableaux ont des bordures impeccables.
La grande victoire
À dix-huit heures, il ferme son ordinateur satisfait : l’organisation a produit cinq documents, trois invitations et un nouveau groupe de travail. Demain, on recommencera. Rien de concret ne pourra venir perturber cette stabilité.
Note de la rédaction : cette satire vise la bureaucratie absurde, pas les salariés ni les métiers. Il arrive qu’un bateau soit immobile pendant que tous les agendas avancent à toute vitesse.
Fiction satirique. Aucun personnage, chiffre ou événement ne décrit une entreprise ou des salariés réels.