Tout commence par une bonne nouvelle : la boussole du navire imaginaire a disparu. Voilà enfin un sujet à la hauteur du comité de pilotage ! L’équipage propose de regarder les étoiles ; le comité demande une note de cadrage de dix-sept pages.
Une disparition structurante
À neuf heures, une commission constate l’absence de boussole. À dix heures, elle décide de ne plus utiliser le mot « absence », jugé anxiogène. À onze heures, la situation est officiellement rebaptisée « opportunité de redéfinition de l’orientation ». Le bateau, lui, persiste à tourner en rond.
Le miracle des indicateurs
Un tableau affiche désormais 93 % d’avancement du programme « Cap 2030 ». Il n’existe aucune carte marine, mais les pourcentages sont verts. Un matelot demande timidement si l’on pourrait choisir une direction. Sa proposition est renvoyée à l’atelier « Innovation disruptive » du trimestre suivant.
Les anciens capitaines répondent
Depuis les Seychelles, Vanessa observe l’horizon. Hervé note qu’ici, personne n’a demandé à la mer de fournir un compte rendu de ses marées. Tous deux recommandent un procédé ancien, presque oublié : décider d’où l’on part, où l’on va et qui tient le volant.
Moralité : une organisation peut avoir cent tableaux de bord et manquer malgré tout de direction. Les flèches PowerPoint ne déplacent pas les bateaux.
Fiction satirique. Aucun personnage, chiffre ou événement ne décrit une entreprise ou des salariés réels.