À neuf heures précises, le comité de pilotage du bateau imaginaire se réunit. La première question tombe : « Quelqu’un a l’ordre du jour ? » Un silence impressionnant répond. Même le vidéoprojecteur s’éteint, probablement par instinct de conservation.
Mettre au point le point d’étape
La première heure sert à clarifier ce que « clarifier » veut dire. La deuxième est consacrée au périmètre des participants. Un responsable découvre qu’il n’a pas été invité à la réunion chargée de définir son rôle. Il propose de créer un sous-groupe transversal.
Un bilan remarquable
À midi, l’assemblée annonce une décision historique : il faudra une nouvelle réunion pour préparer la synthèse de la précédente. Un document de vingt-quatre pages indique que les échanges furent « riches et constructifs ». Aucun responsable n’a été désigné, aucune date arrêtée et personne n’a retrouvé la carte.
Une méthode plus risquée
Depuis son transat, Hervé propose de commencer par une question concrète et de terminer par une décision. Vanessa lui demande de ne pas diffuser ce concept trop brutalement : il pourrait provoquer un choc culturel dans la fiction.
Conclusion : le taux de remplissage d’un agenda ne mesure pas l’avancement d’un bateau. Un cap clair vaut parfois mieux qu’une salle pleine et un plateau de petits-fours.
Fiction satirique. Aucun personnage, chiffre ou événement ne décrit une entreprise ou des salariés réels.